Le droit se perd dans la nuit noire de la fraude
Ses lumières s'éclipsent, les gens vivent de maraude
Ses détracteurs déchaînés font beaucoup de bruit
Pour que tombe le rideau sur tout ce qui leur nuit
Le droit est ainsi en proie à la controverse
Puis recule devant les rétributions perverses
On cherche à imposer une constitution
Etouffant les sentiments de toute une nation
Qui devra l'approuver, en louer les bienfaits
Et défendre ce qui, à son insu, se fait
On traîte de mécréants tous ceux qui s'y opposent
Et, qui plus est, de torts en redresseurs se posent
Car les détenteurs du pouvoir ont tous des droits
Transmis en héritage par une divine loi
Ils peuvent donc agir à leur guise, sans restrictions,
Sans souffrir la critique des sages de la nation
Quant au peuple, il continue de trébucher
Dans ses entraves de honte, pieds et poings attachés
On se met à le dépraver et pervertir
Telle une bête de somme il se laisse conduire
On lui impose de se prosterner et, tête
baissée, il donne comme l'impression d'être en quête
de pitié, acceptant d'être ainsi humilié
Et faisant semblant de ne pas voir ses geôliers
Ils ont fait, de plein gré, de cruels sacrifices,
Mais c'était pour porter la marque du supplice
Qui permet de dépouiller veuves et orphelins
Et ceux qui se nourrissent d'orge et de graines de lin,
D'exiger le paiement d'impôts exorbitants
Pour importer boissons et produits excitants
Leur faciès est couvert d'une barbe touffue
Ressemblant à celle que porte l'âne bourru
Ils sont, sauf exceptions, d'un esprit nonchalent
Et forcent les serrures des accès chancelants
Pour justifier leurs opinions ils répartissent
Qu'ils savent à quoi elles tiennent, à quoi elles aboutissent
Une bande de voyoux leur porte un coup fatal
En plongeant toutes leurs griffes dans leur corps plein de gale
Ils ne distinguent guère querelles de discussions
En parlant, ils débitent une hâtive opinion.
Le pouvoir a trouvé en eux ses auxiliaires
Et promis que leurs désirs seront son bréviaire.
Personne chez nous n'a le feu sacré qui surgit
Pour crier haut et fort tel un lion qui rugit
Pour servir la nation qui manque de subsistance
Et se débat dans les affres de l'ignorance
En dénonçant ceux qui cherchent à assouvir
Leur soif de la rapine sans jamais coup férir
Ils ont assourdi l'ouie avec leurs prétentions
Et rempli les journaux avec leurs illusions
Mensonges que les appels de leur publicité
Tissus de tromperies et d'immoralité
Il ont vite rassemblé la plèbe de tous bords
Qui s'est soumise tels les prisonniers du fort
N'ayant aucune idée pour ainsi justifier
L'adhésion aux promesses qu'on lui a signifiées
"Front de soutien" tel est le nom de leur mouvance
Créée de toutes pièces pour sauver l'apparence
Ils réduisent à dessein le peuple à l'impuissance
Le gavent de discours dans toutes ses transhumances.
Mais il ne faut de rien s'étonner comme on dit
Telles des mouches ils agissent sur les pauvres d'esprit
Une horde formée d'impies et d'ignorants
S'est groupée autour d'eux suivie de mécréants
Le peuple s'est soumis à ces ineptes hères
Qui feraient mieux de disparaître au fond des mers
Ils sont venus munis de ruses diaboliques
Pour le guider tel un aveugle pris de panique,
Et disant tantôt "oui", tantôt "non" sans savoir
Les intentions de ceux qui détiennent le pouvoir