Abderrahman Hajji

Poèmes

Tout peuple non régi par une constitution (I)

Tout peuple non régi par une constitution
S'égare dans les ténèbres, empire de perdition.
Sa vie n'est qu'une longue marche trébuchante
saccadée de faux pas, de plaintes désolantes

Victime de la rapine de son gouvernement
Il n'est protégé par aucun vrai document.
Qui le met à l'abri des abus de pouvoir
Et se sent humilié au fond de son terroir

Où les tyrans exercent des verdicts répressifs
N'ayant ni contrepoids ni freins dissuasifs.
Ils se servent comme ils veulent des deniers publics
Et se soucient fort peu de son sort fatidique

Pour ordonner sa vie il ne sait comment faire.
Se bercer d'illusions? Se nourrir de chimères?
Ses enfants sourd-muets, atteints de cécité,
Quand ils sont provoqués, sont loin de s'exalter.

Qu'ils s'estiment tout heureux de jouir de la vie
A laquelle, bienveillant, le prince les a conduits,
Sacrifiant sa personne à celle de la nation
En faisant règner l'ordre et cimenter l'union.

Chez lui, plus on est faible et plus on devient fort
Et le tyran cesse de vous faire trop de tort.
Ainsi, c'est l'équité qui va donc triompher
Supprimant l'injustice ainsi que ses méfaits.

Félicitons-nous d'avoir un trône et un Roi
Auxquels notre prestige et notre rang échoient.
Soyons heureux que c'est lui-même qui nous gouverne
Qui suit les traces du droit chemin et s'y prosterne.

En nous laissant, sous ses ordres, avoir accès
au combat, il se porte garant du succès.
Faisons lui part ouvertement de nos soucis
Ils seront exaucés par ses soins, Dieu merci!

Ainsi, notre vie sera jalonnée de fleurs
Faite de prospérité, tapissée de bonheur.
Qu'il prenne le droit chemin et reste sur sa route,
Ceci ne fait chez nous même pas l'ombre d'un doute

Héritier des secrets de son auguste père
Il rejette toute propagande délétère.
Il franchit les difficultés avec courage.
Pour réussir, aucun effort il ne ménage.