Dieu qui créa l'espèce humaine a décrété
Pour les uns le servage, pour d'autres la liberté.
Il a prescrit que certains fussent intelligents
Et doté bien d'autres d'un esprit indigent.
En les voyant égaux on s'induit en erreur;
S'équivalent-ils dans le pire et le meilleur?
Les uns visent à bien faire et fournissent des efforts,
Tandis que d'autres voient du bien dans tous leurs torts.
D'aucuns considèrent le repos comme une aubaine
Et prennent le labeur pour une corvée malsaine.
Ceux-là méritent une vraie action punitive,
Et ne peuvent en vouloir qu'à leur conduite fautive.
Ils trouvent amère toute eau de bien de source sobre,
Lorsque partout ils sont tout accablés d'opprobre.
Ils se complaisent dans l'eau de la mendicité,
Loin de l'eau pure qui requiert ténacité.
Ceci provient du vice affreux de la paresse,
Qui s'accommode de peu et mène à la détresse.
Et lorsqu'on les invite à prendre de la peine
Ils se sentent l'objet d'une ironie amène,
Estimant le travail plus brûlant que la braise
Qui tue à petit feu, à ce qu'à Dieu ne plaise,
Et le considérant comme un très lourd fardeau
Impossible à porter pour qui le prend de haut.