Nous avons des élus non issus d'élections
Légitimant l'accès à la députation.
Triés sur les volets, ce sont des gens qu'on nomme
Comme relais de portage, faute de bêtes de somme.
Ils sont assujettis dans tous leurs faits et gestes
Au bon vouloir du prince, à la main combien leste,
Qui soumet ses sujets au verdict du bâton,
Et les mène comme on mène un troupeau de moutons.
Il obtient l'adhésion de la masse suiveuse,
Au moyen d'une publicité tapageuse.
A mon peuple, dit-il, je livre un document
Qu'il devra célébrer comme un évènement.
Celui qui s'en dévie sera discrédité;
En outre il risquera d'être persécuté.
La royale voie ne saurait se concevoir
Sans le recours aux prérogatives du pouvoir.
Vous devez donc vous prosterner et obéir,
Sans nulle hésitation, aux ordres de l'Emir.
Le serment d'allégeance est un solide bastion
Et un arrêt de pleins pouvoirs sur la nation.
Celle-ci se soumettait naguère de son plein gré,
Ne répliquait jamais, à l'ordre obtempérait.
Pourquoi donc, à présent, tient-il à nous leurrer?
Est-ce pour mettre un voile sur tous nos droits sacrés?
Il nous prête l'intention de vouloir décrier
Un pouvoir insatiable, inique et dépensier.
Il ne se satisfait d'aucun conseil d'expert
Aussi juste soit-il, aussi précis que clair.
Donner des ordres, c'est tout ce qui l'intéresse,
En plus de leur exécution dans l'allégresse.
Malheur au peuple qui vit dans la soumission
Et manque de courage pour oser lui dire : non!
Ecoutez la radio et donnez-vous la peine
De suivre les émissions que présente votre chaîne.
Faites bien attention, n'écoutez que Rabat.
Quant aux autres radios: misérables grabats!
Ils nous induisent toujours et partout en erreur,
En débitant de basses calomnies d'heure en heure.
Tel est bien mon conseil, exempt d'ambiguité,
Dépourvu de tout leurre, de toute futilité.