Abderrahman Hajji

Poèmes

Les brumes mensongères

Si le prince se fonde sur des vues de l'esprit
Pour induire son peuple en erreur à tout prix,
Il verra, sitôt la vérité rétablie
Et le voile levé sur les faits accomplis,
Qu'il ne pourra plus, dès lors, se servir de ruse
Pour mobiliser la lie du peuple diffuse.

Que gagne-t-il, le petit peuple, en temps de guerre,
A se brûler comme un papillon éphémère?
Avec un peu d'argent sonnant et trébuchant,
Le voilà qui s'engage, puis recule sur-le-champ.

Méfie-toi d'eux, ils n'ont aucune moralité;
Surtout, ne compte pas sur leur fidélité.
Dès lors que les cordons de la bourse sont rompus,
Les attaches se relâchent et le zèle diminue.

Ceci est surtout vrai pour le monde paysan,
Qui a surpassé les Irakiens ce-faisant.
Lorsqu'un jour les brumes mensongères s'amoncellent,
C'est signe d'hypocrisie, marque de péché mortel.

Que de fois, les oiseaux de malheur ont pu faire
leur apparition, mais ce fut comme un éclair.
Et quand les courants mensongers coulent à flots,
Ils dévoilent l'astuce du loup se tenant clos.

Mais s'il arrive à soumettre à la tentation
Une partie du peuple en lui miroitant l'union,
Ses arguments resteront des vues de l'esprit,
Et vogueront comme un nuage dans le ciel gris.