Abderrahman Hajji

Poèmes

L'Etat des dilapidateurs

Je vois l'Etat des prédateurs faire fausse route,
Menacé partout par la ruine et la déroute.
C'est toute une histoire lorsqu'il se met à puiser
A la source des impôts qui nous sont imposés.

Notre sol ne renferme-t-il pas mille et une
richesses que nous devons préserver comme fortune?
Que si! Notre contrée a assez de réserves
Pour qu'elles compensent les impôts et nous en préservent,

Qu'elles mettent fin à la misère et aux appétits
Des rapaces qui cherchent à exploiter les petits,
Emettant des prêts d'usure auprès du grand public,
Pour s'enrichir sans cause, quitte de manière cynique,

Qui, pour détruire nos rêves, nous placent sous tutelle
D'un inspecteur du fisc, au tact artificiel.
Nous disposons de métaux vierges en quantité,
Mais ils n'ont trouvé personne pour les exploiter

Nos richesses minières vont de l'argent natif
Dont le gisement promet d'être productif,
A l'or qui fait pâlir de dépit et d'envie
Les orfèvres dont le style des ouvrages nous ravit,

Au gaz naturel qui, des nappes géologiques
S'échappe et se perd dans la couche atmosphérique.
Aux cours d'eau qui se jettent sans arrêt dans la mer,
Afin d'y déverser l'eau douce qui désaltère.

Négliger ces domaines relève d'une paresse
Viscérale, à l'origine de toute bassesse.
Si, à ce mal, nous avions pu couper les ailes,
Nous n'aurions pas pu provoquer les foudres du ciel.

Si nous pouvions combattre son armée d'invasion,
Elle n'aurait pas occupé toutes nos positions.
Si nous avions résisté à tous ses assauts,
Elle n'aurait jamais conquis vallées et plateaux.

Y a-t-il quelque espoir à ce que les paresseux
Se chargent de gérer nos affaires pour le mieux?
Y a-t-il quelque espoir de les voir remplir cette tâche
Alors que, pour eux, les gens sérieux sont des lâches.

En faisant appel à eux, nous avons subi
Une perte doublée d'une abjecte ignominie.