"Le talent sans le génie est peu de choses; le génie sans le talent n'est rien" -- Paul Valéry
La conscience de soi se lit dans les poèmes
Où l'esprit créatif s'adapte au choix des thèmes,
Défend la vérité pour qu'elle sorte grandie
Et exprime une sagesse suprême sans contredit.
Les gens sont unanimes autour de ses idées
Et la couvrent d'éloges pour n'avoir pas cédé
Aux tentations de travestir la vérité,
Préservant l'image de sa crédibilité.
Je déambule, par la pensée, entre les rimes.
La nuit, les flots de la poésie me subliment.
J'entre dans les jardins où fleurissent les pensées,
En choisis les plus douces, cueille les plus nuancées.
Je puise mes vers au fil des cours d'eau féériques
Et m'altère aux sources des paysages idylliques.
C'est ainsi que les sentiments ont débordé mon esprit
Et remué les sensations d'un coeur contrit.
J'ai improvisé, vois-tu, des vers enchanteurs,
Fins et délicats, enivrants et envoûteurs.
L'art poétique, dit-on, est simple et difficile;
Cet art-ci l'a outrepassé au bout du fil.
J'ai aperçu de loin, dans mon imaginaire,
Le réel admis au bénéfice d'inventaire.
J'ai vu notre jeunesse faire fi des bonnes moeurs
Et ravaler la morale aux rangs inférieurs.
Je l'ai vue lancer ses seaux dans le discrédit
Et, sans rien recueillir, comme témoin se dédit.
Ils se sont révélés ainsi de grands hâbleurs,
Et ont réclamé l'indépendance sur l'heure.
Ils ont fait le tour de tous les lieux de plaisir,
Mènent une vie de débauche pour se divertir..
Ils croient que le progrès consiste à défiler
Le visage astiqué, l'habit tout bariolé.
Ils ont instauré des maisons de tolérance
Et s'y sont travestis comme héros de romance.
Le chômage est le lot de tous ces dépravés
Qui sont autant de charges pour parents éprouvés.
L'état de déchéance serait le fait d'autrui,
Non de qui, du progrès, se dit être le chapuis.
Ils ont dégainé leur sabre contre les bonnes moeurs
Et dépouillé les gens des suprêmes valeurs.
Ils se sont montrés d'une arrogance insolite
Que trahit l'ignorance, leur doctrine favorite.
Ils ont usurpé l'apogée de la grandeur,
Dans un délire verbal, que dément leur torpeur.
Je ne vois dans leurs rangs aucun réformateur
A pied d'oeuvre, même s'il manque un tant soit peu d'ardeur.
Vous n'atteindrez jamais le sommet de la gloire
Si vous n'affrontez pas les risques et les déboires.
Ni la science ni les études ne les intéressent.
Loin d'eux d'éviter le sentier de la paresse.
La religion ne forme plus qu'un arrière-plan,
Dont ils disent vouloir se passer à tout instant.
Il leur suffit, quand ils engagent une polémique,
D'affubler l'adversaire de propos satiriques.
Ils font ainsi preuve d'une lâcheté des plus viles,
Là où le silence s'impose à l'esprit servile.
Ils sont dépourvus de la moindre intelligence
Et confondent le talent avec l'extravagance.
Si génie et talent ne sont pas réunis,
A quoi sert l'intellect dont on est démuni?
Nous les voyons arborer un air victorieux
Et marcher coude à coude, hommes et femmes, jeunes et vieux.
Mais, quand ils cherchent à se repaître de chimères,
Le courage, seul, ne peut effacer leurs revers.
Ah! s'il leur est donné de dire ce qu'ils en pensent!
Mais, quel être inepte avoue son impertinence?
A moins qu'il ne se mette à débiter un flot
De paroles au verbe banal, au concept sot
Auquel répugnent la plupart des auditeurs
Qui y voient dressée une cible pour francs tireurs.
Une bande d'abrutis est allée jusqu'à dire:
Le parler moderne s'énonce sans coup férir.
Limiter à l'Europe l'art de la rhétorique
C'est le réduire à un style diffus et emphatique.
Laissez le soin au maître de la parole, qui sait
manier le verbe, de choisir où le placer.
Sinon, faisons appel à la sagacité
Du juge "Abou Chouaib" dont l'impartialité
Ne laisse place à aucune fraude de nature
A travestir la vérité et la charger d'enflures.
Imam dans la noble tradition du prophète,
Ton éloquence te mandate comme juge sans conteste.
Maître de la rhétorique au sein d'une nation
Qui en ignore jusqu'à l'art d'élocution,
Telle est l'expression de mon sincère dévouement
Au savant émérite qui plane au firmament.
Je la dédie avec le plus profond respect
A une sommité qu'admirent les plus circonspects.
J'avoue être le moins talentueux des poètes,
Mais, en affection pure, le plus grand des ascètes.
Enfants du siècle, cessez donc de songer à mal.
La plume de la satire a une voix qui râle.
S'il n'est pas mis un terme à tous vos noirs desseins,
D'une couronne d'épines, demain, vous serez ceints.
J'ai déclaré aux fourbes une guerre sans merci
Afin d'éradiquer leurs crises de folie
Et d'arrêter le mal grâce à la panacée
Du fil de l'épée qui tranche sans se casser
Et terrasse les fripouilles qui osent lever la tête,
Leur sert un fiel pernicieux, d'une odeur infecte
Jusqu'à ce que, bon gré malgré, ils prennent le pli
De s'avouer vaincus, de se voir avilis
Qu'on leur rogne les griffes, par la fraude acérées
Et fait taire la voix, quitte contre leur gré.
Sachez que je dispose d'une langue dure comme fer,
Subir son courroux est une descente aux enfers.
Cet homme se distingue par la noblesse de coeur,
La largesse d'esprit, le respect des valeurs.
On le reconnaissait à son faciès serein
Que dominait un oeil vif, railleur et câlin.
Dès l'enfance, il a aspiré avec ardeur
A fendre les flots dans les mers de la grandeur.
Il entrait en compétition avec autrui
Dans le domaine du savoir, comptant sur l'appui
Des facultés combatives de son cheval de race
Qui gagne là où d'autres échouent, de guerre lasse.
Il était l'unique grand homme dans sa contrée
Prostrée par l'ignorance et prête à s'effondrer.
Il l'a ressuscitée grâce à la tradition
Du prophète qu'il enseignait au cours des sessions
Où il nous inculquait le germe réformiste
Tendant des rameaux verts dignes d'une plume d'artiste.
Il a propagé de la manière la plus fine
La lumière éclatante de la parole divine.
Les perles de ses discours pétillent de propos
Qui illustrent les rapports des idées et des mots.
Flambeau pour éclairer les cas les plus obscurs,
Il est la clef de voûte des sciences pures et dures.