Nous sommes au bord du gouffre et campons dans nos ruines
En proie à l'épouvante, grouillants comme la vermine,
Sous le joug oppressant de ceux qui nous gouvernent
Sans distinguer l'intrus de l'Arabe pérenne.
Nageant dans la débauche, se noyant dans l'ivresse,
Transfigurés par les mensonges et la bassesse,
Ils persécutent tous les critiques de bonne foi,
Qui oeuvrent pour que nous sortions du désarroi.
Ils ont placé à leur tête des hommes de main
Qui exécutent les basses besognes de leurs desseins.
Il les a submergés des flots de ses faveurs,
Pour qu'ils traînent par derrière comme une queue de malheur.
Ne sait-il pas qu'il doit répondre de ses actes
Devant le juge suprême, et sans qu'il se rétracte?
Si on l'exhorte au bien, il sera arrogant,
Le prendra de haut comme venant d'un intrigant.
Malheur à ceux que les injustices indiffèrent;
Ils deviennent un foyer de mal et de misère
A force de fraude, de pillage, de gaspillage
Pour bâtir des palais de plaisir sans ambages,
Quitte à ce que la nation voie tarir ses sources
Et dilapider le pécule des sans-ressources.