Peu réjouissante est la chronique du temps qui passe.
Elle s'intercale dans les voeux des esprits sagaces.
Elle traîte durement l'homme libre et cultivé,
Et le condamne à vivre sans qu'il soit motivé,
Tout en lâchant la bride aux personnes ignorantes
Qui se pavanent dans ses grâces enivrantes.
Elle méprise l'homme de goût à l'esprit avisé
Et, dans la confusion, le laisse désabusé.
Elle se soumet à la volonté du tyran
Qui, pour ses caprices, met sa conscience à l'encan.
Dans le champ de course, il dispose pour le pillage
De chevaux de race dont rien n'égale les ravages.
Notre argent s'édulcore de mirifiques promesses
Que ses micros amplifient pour la foule en liesse:
Nous vous voulons du bien pour que vous viviez mieux,
Avec de bonnes récoltes, la science pour les studieux.
Obéissez à nos pertinentes directives;
Elles garantissent bien-être et saines perspectives.
Apportez-nous vos biens et vos économies;
Ils seront, dans votre intérêt, mieux à l'abri.
J'ai de valeureux soldats placés sous mes ordres.
Quand ils se mettent en marche, c'est pour assurer l'ordre.
Mais j'ai aussi un peuple comme vaillante unité,
Et j'ai la haute main sur sa fidélité.
Peu réjouissante est la chronique du temps qui passe.
Les pires moments sont quand surgissent les loups rapaces,
Quand l'homme libre est atteint dans sa dignité,
Que de vils individus peuplent la cité,
Que les éloquents parmi nous sont entravés
Et ceux qui mal s'expriment tiennent le haut du pavé.