Abderrahman Hajji

Poèmes

A mon homonyme

A tous mes homonymes je dédie ces quelques vers:

Mon homonyme, voilà que tu t'es absenté
Tout un mois que j'ai cru long comme l'éternité.
Est-ce que notre amitié a été compromise?
Est-ce un mal sans remède la cause de cette crise?

Ta présence m'aide à oublier ma douleur.
S'est-il passé, dans l'intervalle, quelque malheur?
Les soucis de l'espèce humaine sont légion.
Ils finissent et reprennent comme dans un tourbillon.

Il n'y a que mes soucis qui restent en permanence,
Nés d'une mauvaise étoile, non de la providence.
Quand un ami intime vient me rendre visite,
Mes angoisses disparaissent, mes soucis périclitent.

Mais, lorsque des rencontres il interrompt le cours,
C'est à notre amitié qu'il entend rompre cours.
Viens me rendre visite autant que faire se peut.
Celà me flatterait et me rendrait heureux.

Combien de malades sont en voie de guérison:
Combien de nouveaux riches tombent en pâmoison.
Seul le mal qui me ronge poursuit l'horrible ouvrage:
Il est tel qu'un habit qui résiste à l'usage,

Que je porte toujours et qui, jusqu'à la lie,
Me fait boire le calice à qui l'espoir me lie.