Toi qui fais voltiger la flamme de l'amour,
Sais-tu que mon coeur s'y consume nuit et jour?
Que faire pour trouver une échappatoire?
Les gens qui aiment ont-ils droit de se revoir?
La beauté nous délègue son émissaire
A qui tous obéissent, au palais, aux chaumières,
Sauf ceux qui, malheureux, vivent en réprouvés,
Les moeurs corrompus et les goûts dépravés.
Tel un tyran, l'amour est doté d'un pouvoir
Qui asservit les hommes et les laisse choir.
Mais, celui sur lequel tous les yeux sont braqués
Est un bel homme au style alambiqué.
Il darde sur les coeurs des braises de ses joues
Qui brûlent ainsi tels des morceaux d'acajou.
Quand il paraît, on voit la lueur de l'aurore.
Au fond du ciel, on voit de vifs éclairs éclore.
En arrosant de sa bouche un assoiffé,
Celui-ci étanche sa soif et se refait.
Ils s'accordent tous à dire que sa démarche
Est d'un preux cavalier qui fait sonner la charge.
Quand il part à l'assaut, il séduit les esprits
Avec élégance, les yeux d'orgueil pétris.
Les gens disent de lui: tu es notre seigneur
Fais donc ce qui te plait de tous tes détracteurs.
Quant à moi, je me dis: les plaisirs de l'amour
Ne s'émoussent jamais, suivent toujours leurs cours.